Author: Roger Roy

Entretien avec Gilles-William Goldnadel

Entretien avec Gilles-William Goldnadel Gilles-William Goldnadel a fondé et préside Avocats sans frontières (http://www.avocatssansfrontieres-france.org)Ancien secrétaire national de l’UMP chargé des médias, il décrypte régulièrement les errements et les partis pris du service public en particulier de France Inter. Invité régulier du Figarovox et du site néo-conservateur Atlantico, il intervient fréquemment dans l’émission de radio Les Grandes Gueules sur RMC et rédige un billet hebdomadaire pour Valeurs actuelles. Il s’est livré au jeu des questions réponses avec l’Ojim. Sans langue de bois.

Aubervilliers : le récit effarant de la vie d’un émigré canadien

Je suis un ressortissant Canadien français de 47 ans, admirant la culture française depuis l’enfance, ce qui m’a poussé à m’y installer en 2003, pour exercer ma profession dans les métiers de l’image (montage-vidéos, photographie). En 2006, j’ai choisi de vivre en Ile-de-France, en particulier dans la ville d’Aubervilliers où j’ai trouvé l’espace idéal pour créer un lieu d’échange d’art et de vie en n’utilisant que des matériaux innovants sur le plan écologique, me permettant de m’épanouir personnellement et professionnellement. En tant que Québécois fraîchement arrivé, je ne connaissais ni les codes de classes sociales, ni les problématiques des banlieues, ni la politique communiste de la ville d’Aubervilliers qui, à ma plus grande surprise, a qualifié mon projet de «spéculation immobilière» alors que mon but était d’apporter quelque chose, d’attirer des gens de l’extérieur, bref d’amener des professionnels de l’image à travailler à Aubervilliers. Ma vie d’Albertivillarien s’est rapidement transformée en cauchemar. Depuis 2006, au lieu de consacrer mon énergie à la réalisation de mon projet, je passe mon temps à pallier aux graves dysfonctionnements …

« Plus personne ne sort après 20 heures » : un an après l’agression mortelle de Zhang Chaolin, la communauté chinoise d’Aubervilliers vit toujours dans la crainte

Il y a un an, Zhang Chaolin mourait après avoir été agressé à Aubervilliers. Si l’affaire a révélé l’ampleur des violences racistes contre la communauté chinoise, celle-ci continue à vivre la peur au ventre, malgré les moyens mis en œuvre. « Je ne peux plus sortir à Aubervilliers sans me retrouver face à mes agresseurs. » Pour offrir un hamburger à sa fille, Dominique He a pris le métro puis marché une dizaine de minutes, boudant le fast-food de sa commune au profit d’un établissement parisien, situé de l’autre côté du périphérique. « Dès que je mets le nez dehors, j’ai peur de me faire passer à tabac et qu’on me vole mes affaires », explique ce Chinois installé à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, depuis une dizaine d’années. Le visage cerné par des nuits sans sommeil, le quadragénaire raconte son agression la plus violente, parmi la dizaine dont il a déjà été victime. « Des hommes m’ont frappé sur le visage, particulièrement les yeux. » C’était en 2016 et il a cru mourir. Son histoire fait écho à celle de Zhang Chaolin, mort il y a tout juste un an. Le 7 août 2016, trois hommes projettent le …